Cercle des Escrimeurs du Pays Vençois

Poésie et Escrime

Maître Louis -Justin Lafaugère

L’un des premiers tireurs de France. Professeur aux Hussards de la Garde Royale(19ème siècle),
auteur de L'art de faire des armes". Edts Garnier 1841
C'est lui qui a préconisé :
“Tenez votre arme comme vous tiendriez un oiseau:
pas trop fort pour ne pas l’étouffer, assez fort tout de même pour ne pas le laisser s’échapper.”

Voici 2 poèmes issus de "L'Esprit de l'Escrime"
Poème didactique de 112 pages sur l'enseignement de l'escrime

"...Quelle mère enseignant notre enfance étonnée,
N'a dit de nos malheurs la source empoisonnée?
Ouvert à la vertu, le séjour de l'Eden
au crime, sans retour, se referma soudain.
a son nouveau destin abandonné sans guide,
L'homme, de ses désirs suivit la voix perfide,
Et des vices affreux que l'Eternel maudit,
avec sa race au loin le nombre s'étendit.
En lui l'ambition éveilla l'artifice,
L'égoïsme, sans frein, enfanta l'injustice,
au hideux intérêt l'intérêt répondit,
Et des plus noirs excès le monde entier frémit.
L'homme, à peine créé, malheureux sur la terre,
Se vit bientôt en proie au démon de la guerre;
Il semblait condamné, dans ses tristes fureurs,
a remplir l'univers et de sang et d'horreurs.
Mais ses armes, d'abord, ne purent pas suffire
a cette ambition toujours prête à détruire.
Il découvrit enfin le fer, le plomb et l'or:
Son génie oppresseur prit un nouvel essor;
Il éprouva du fer la force et la puissance,
Il forgea le poignard et l'épée et la lance.
Par ces armes frappés, on vit dans plus d'un rang
Et le père et le fils couverts du même sang.
aux coupables succès, son âme accoutumée,
au métier des combats, chercha la renommée :
Tant pour l'orgueil humain est grand l'attrait fatal
D'imiter de la mort le génie infernal!
Ces instruments si prompts à trancher une vie,
Semblèrent encor mal seconder sa furie.
Le salpêtre enflammé fit résonner l'airain,
Et la peur s'étendit sur tout le genre humain.
Dans les premiers combats, la force naturelle,
aux faibles devenait l'arme la plus cruelle;
Malgré tous les efforts, le courage, l'ardeur
Se voyaient à la fin domptés par la vigueur.
On s'aperçut bientôt que l'art de la défense,
De la force pouvait maîtriser la puissance.
Quand on connut du fer l'extrême fermeté,
Et qu'on put lui donner la flexibilité,
Quelque génie heureux, guidé par l'industrie,
Sut du combat égal créer la théorie.
La force, dès ce jour, par l'adresse de l'art,
avec étonnement se vit mise à l'écart.
Le fleuret qu'on forgea d'une forme légère,
Fut docile aux efforts d'une main régulière.
Le duelliste, alors, vint demander sa part
Des principes heureux qu'avait trouvé cet art.
Mais n'allez pas penser que le but de l'Escrime
Soit de prêter son aide à qui médite un crime.
Non, sa tâche, plus belle, est de mettre à profit
Les facultés du corps et celles de l'esprit.
Dans tous ses mouvements, elle rend le corps libre,
Elle sait le placer dans un juste équilibre,
afin que ses ressorts ne meuvent sans raideur:
Chacun d'eux en reçoit l'aplomb et la vigueur.
Elle donne à la fois aux sens l'intelligence,
a tous les mouvements le moelleux et l'aisance,
a l'esprit l'à-propos, à l'oeil l'activité,
Par elle tout, en nous, croît en solidité
Elle apprend à lutter de ruse, de finesse,
Et grandit le courage aussi bien que l'adresse."
retour

Théodore de Banville

(Moulins, 1823 - Paris, 1891), Sa biographie, Ses oeuvres

Escrime:
poème du 21 décembre 1883.
tiré du Recueil " Nous Tous ", poème XXIV

Chez nous l'éternel Féminin
a pris un essor léonin.
Les femmes les plus délicates
Sont avocates.

D'autres, ayant le charme empreint
Sur leur front, dont nous n'avions craint
Que les oeillades assassines,
Sont médecines.

Celles-là, dont le vent mutin
a follement, dès le matin,
Baisé les boucles et les tresses,
Sont les peintresses.

Celles-ci, coeurs inexpliqués,
Mettent en rhythmes compliqués
Leurs mélodieuses tristesses
De poétesses.

D'autres par l'esprit le plus fin
Nous ravissent. D'autres enfin,
Et certes ce n'est pas un crime
Font de l'escrime.

Elles en font même très bien.
Carolus Duran ne sait rien
Vraiment que désormais ignore
Ninette ou Laure.
Ces tireurs, qu'amour effleurait,
Tiennent maintenant le fleuret,
Enchaînant avec mille charmes
Leurs phrases d'armes.

Que n'as-tu pu voir, ô Balzac!
Leurs ripostes du tac au tac,
Leur jeu correct et leur mimique
académique!

aussi bien que l'homme hideux,
Elles savent faire: Une! Deux!
Quant à leurs attaques d'allonge,
C'est comme un songe!

Qu'elles mènent agilement
Les changements d'engagement!
Quand un homme est leur adversaire,
Mon coeur se serre.

Car bien vite mécontenté,
Il est toujours au fond tenté
De tomber aux pieds de ce sexe
Et, tout perplexe,

Il se sent devenir poltron
à voir frémir sous le plastron,
Comme une cruelle épigramme,
Un sein de femme.
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Le Marathon des coeurs

Parler d'amour sportivement

Un exemple
Escrime
Mon cœur se fend devant ta lame
Ce n’est qu’une feinte abruti
Tromper c’est soustraire son âme
Dans ce rituel consenti

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