L’escrime en anecdotes


L’escrime en anecdotes

Définition et étymologie du mot « escrime »

Définition

Aujourd’hui: Art de faire des armes et par extension exercice par lequel on apprend le maniement des armes de duel.
Deux activités s’y côtoient:
– une sportive codifiée pour trois armes: le fleuret, le sabre et l’épée.
– une artistique qui consiste à chorégraphier des combats de diverses époques à une ou plusieurs armes (blanches ou non).

Originellement, ce mot désignait tout type de combat construit; Sens qui s’est conservé pour tout exercice duelliste mettant en jeu le corps ou l’esprit. Ainsi parle t’on de

– « l’escrime de poings » ou savate
– « l’escrime pugiliste » ou boxe
– « l’escrime de l’érudition » ou dialectique

L’escrime mérite au même titre que tous les sports d’opposition sa classification parmi les arts martiaux européens qui peuvent se définir comme les arts de combattre (le dominicain Jacques de Cessole, au début du XIV ème siècle, applique même ce terme de « Ars Martis » au jeu d’échec dans son ouvrage « Liber demoribus hominum et officiis nobilium sive super ludum scacchorum » connu en français sous le titre de « Le Jeu des échecs moralisés »).

Le mot « escrime » a pris au XVIème siècle, le sens moderne de l’art de manier l’épée ou armes assimilées.

Etymologie

Le sanskrit «carma» a donné «skirmen» en scandinave et «skermen» en germain (d’où dérive l’ allemand schirmen). De là vient le bas francique «skirmjan» (défendre-protéger) qui donnera «escremie» (combat) ou «eskermie» en ancien français ( Au XIIème siècle, dans Roman de la Table Ronde, l’on rencontre des escremisseurs ou eskermisors) mais déjà «escrimir» en provençal. Ce terme gagna l’Italie où il donna «scrima» qui revint finalement au français «escrime».

De cette origine, on peut déduire que l’escrime est d’abord un art de la défense avant d’être celui de l’attaque. Logique direz-vous, avant d’attaquer il faut rester en vie!
Quelques traductions européennes :

– en espagnol : esgrima
– en italien : scherma
– en anglais : fencing
– en allemand : Fechten

Pourquoi la tenue de l’escrimeur est-elle blanche?

Initialement, on faisait confiance à la parole des tireurs pour comptabiliser les touches.
À la fin du XIXème siècle des pointes d’arrêt étaient soudées à l’extrémité de l’épée et recouverte de fil poissé. La pointe accrochait la veste de l’adversaire à l’endroit de la touche, mais elle la traversait souvent.
Pour palier à ce problème, Léon Sazie, romancier de son état, inventa dans les années 20, la pointe d’arrêt à 3 branches.
Avant l’apparition du système électrique de détection des touches,un autre système fut mis en place : C’était le principe du bouton marqueur. On trempait la pointe des lames dans une substance traçante(sorte d’encre), si bien que les touches laissaient une marque sur la veste de l’adversaire. Ces traces se voyaient beaucoup mieux sur une veste blanche.
Paul Souzy perfectionna le système par une «épée électrophone», composée d’un boîtier, d’un fil de corps et d’une épée. Elle annonçait les touches par un ronfleur à pile et par ampoule électrique, et marquait au carmin l’endroit de l’impact.

Aujourd’hui selon les règlements, la tenue peut-être de n’importe quelle couleur sauf noire. Cependant la majorité des escrimeurs restent fidèles au blanc.

Les inventions utiles à l’escrime

L’escrime moderne doit beaucoup à un certain nombre d’inventions capitales, tant sur le plan de la sécurité que de l’arbitrage. La plus significative est sans conteste l’épée électrique, permettant un contrôle électrique des zones touchées par les adversaires.

Le masque

En 1750, La Boëssière Père, maître d’armes, en crée le premier exemplaire en Fil de Fer. Il est fait alors de « treillis de toile, grillagé de fer, garni de cuir, avec ressort en fer forgé ». Malgré son évidente utilité, les tireurs et même les enseignants, refusent cet instrument protecteur par excès de forfanterie et de coquetterie ; Il dérange en effet la perruque et dissimule les visages tant poudrés.
Il sera mis à la mode par un éminent élève de son inventeur, génial escrimeur : Le Chevalier de Saint-Georges. Grâce à cette protection, les mouvements deviennent plus libres et le maniement des armes prend un nouveau tour, notamment avec la possibilité des ripostes après parade..

Le plastron électrique

C’est en 1840 que le célèbre illusionniste Robert Houdin , passionné d’escrime, invente le plastron électrique. Il en dépose le brevet. Cette invention est jugée absurde à cette époque où l’on en est aux prémices de l’utilisation de l’électricité.

L’épée électrique

En 1936 apparait « l’électrification » de l’épée grâce au lyonnais Paul Valentin. L’électrification des armes a été très importante, car en assistant les arbitres pour rendre les contrôles plus fiables, elle a libéré les escrimeurs. La vitesse a pu se développer dans des proportions parfois spectaculaires et les tactiques ont pu rapidement évoluer.

Le système électrique de détection des touches

La première compétition à l’épée jugée avec un appareil électrique a lieu en 1855. Il faudra attendre 1931 pour une officialisation des tournois à l’épée électrique.
C’est le milanais Carmina qui mis au point l’appareil pour le fleuret. Il est officialisé en 1955. Le sabre ne sera électrifié qu’en 1986.
1996-2004 : Frédéric Marciano, polytechnicien, finalise la machine de signalisation d’escrime utilisée lors des JO.

Les épées célèbres

De nombreuses épées ont un nom célèbre, qu’elles soient au départ historiques, devenues des armes légendaires dans les épopées médiévales ou bien qu’il s’agisse d’armes entièrement imaginaires appartenant à des œuvres fantastiques, elles sont devenues mythiques.

Les épées de légendes

Joyeuse, l’épée de Charlemagne. Elle protège son propriétaire de l’empoisonnement. Elle contenait, dans son pommeau, un morceau de la sainte lance, celle qui avait percé le flanc du Christ agonisant sur la croix.
Courtoise (sabre en acier très tranchant), l’épée de Guillaume (Guillaume I, comte d’Angoulême de 929 à 956) Taillefer. Efficace et puissante, elle permit à Guillaume de couper en deux d’un seul coup le chef des Normands, Stonius, pourtant armé de sa cuirasse et de son casque. Cet épisode a donné le nom de Taillefer à la lignée.
Durandal, l’épée de Roland, comte de la Marche de Bretagne et neveu de Charlemagne. Forgée par Munifican, elle nécessita trois ans de travaux. Au retour d’une incursion contre les Sarrasins en Espagne, Roland assure l’arrière garde de l’armée de Charlemagne, lorsque trahi par Ganelon, il est attaqué au col de Roncevaux dans les Pyrénées. Blessé à mort et sentant sa fin venir, Roland sonne dans son olifant pour appeler Charlemagne à son secours. Craignant que Durendal ne tombe aux mains des Sarrasins, il tente de briser son épée sur un rocher mais celle-ci au lieu de se rompre fendit le rocher. Dans les Pyrénées, on montre encore une trouée dans la montagne, au-dessus de Roncevaux : la Brèche de Roland ! La légende raconte également que Roland avant de mourir pria l’archange Saint Michel de l’aider à soustraire Durendal aux infidèles. L’épée fut donc ainsi sauvée et vint se planter dans le rocher du sanctuaire de Rocamadour en France. Elle y est encore, fichée juste au dessus de la porte de la chapelle Notre Dame (Cf : «La Chanson de Roland» composée au Xe siècle.)
Haute-Claire, l’épée de Closamont et d’Olivier, compagnons de Roland.
Marmiadoise, l’épée du Duc Frolle d’Allemagne, un des ennemis du Roi Arthur. Elle projette des éclats lumineux. Arthur s’en empare après sa victoire en combat singulier contre Frolle . « C’était une des bonnes lames du monde, celle-là même dont Hercule se servit quand il mena Jason en l’île de Colchide pour conquérir la toison d’or et elle avait nom Marmiadoise. Dès qu’elle jaillit hors du fourreau, si grande fut la clarté qu’elle répandait que le pays en fut illuminé et qu’Artus fit un pas en arrière pour mieux la voir flamboyer. »
Excalibur, probablement la plus célèbre des épées de légendes. C’est l’épée magique du roi Arthur dans l’épopée de la Table Ronde. Excalibur est une déformation de Caledfoulch ou Kaledfoulc’h ou kaletfwlch qui signifierait « dur éclair » ou « dure foudre ». Dans le cycle arthurien, Excalibur est l’épée de souveraineté et de puissance confiée à Arthur et le protège de la mort. Ce n’est pas l’épée fichée dans la pierre que retire le jeune Arthur lorsqu’on cherche un successeur à Uther Pendragon, mais une autre épée, venue de l’autre monde et remise à Arthur par la Dame du Lac, la fée Viviane. L’épée brillait du feu de trente torches, éblouissant ses ennemis. Le fourreau précieux empêchait le sang de couler sur les champ de bataille, mais Arthur confia imprudemment ce talisman à sa demi-sœur la fée Morgane. Elle s’empressa d’en faire un double, qu’elle remit à Arthur tandis qu’elle donna l’original à son amant, Accolon. Après la bataille de Camlann, Arthur demanda au chevalier Girflet de lancer Excalibur dans un étang, car elle ne doit pas tomber en n’importe quelles mains. Or, une main sortit de l’eau, saisit l’épée, la brandit trois fois et disparût avec elle : l’épée magique de souveraineté a été rendue à la Dame du Lac .
Almace, épée de l’archevêque Turpin, évêque de Reins (de 774 à 789-791) et compagnon de Roland de Roncevaux et de Charlemagne dans la «Chanson de Roland».
Balmung (ou Nothung dans la Tétralogie de Richard Wagner), l’épée de Siegfried dans la «Chanson de Nibelugen». Siegfried dans son voyage au pays des Burgondes fut attaqué par le nain Alberich. Celui-ci était en fait le gardien du fabuleux trésor des Nibelungen, et, comme Siegfried lui laissait la vie sauve, il lui proposa une partie de ces richesses, dont la célèbre épée magique Balmung. Selon les légendes nordiques, Balmung fut donnée par Wayland, le forgeron, à Odin. Ce dernier l’enfonça dans l’arbre Branstock, un chêne dans le Palais de Volsung. Odin déclara alors que celui qui la récupérerait ne connaîtrait que la victoire sur les champs de bataille. Neuf des princes de Volsung essayèrent mais seul le plus jeune y parvint. Son nom était Sigmund. Cette épée fut « offerte » par Wotan à la lignée des Volsungs. L’épée fut brisée contre le bois de Gungnir, la Lance de Wotan. Elle fut plus tard reforgée par Regin, pour vaincre le dragon Fafnir. Les descendants des Volsung ont des prérogatives quant à l’utilisation de cette épée.
Caladbolg, l’épée magique de Fergus Mac Roeg, dans la mythologie celtique irlandaise.
Courtain : l’épée d’Ogier le Danois
Floberge : épée à deux mains de Renaud de Montauban à l’époque des chansons de geste. Il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L’aîné des quatre frères s’appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Floberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Floberge devint un nom commun et s’altéra en flamberge, sans doute sous l’influence des mots flamme, flamboyer, etc. L’expression n’est plus utilisée aujourd’hui qu’ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d’héroïsme et signifie une invitation ironique à tirer l’épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir. Forgée par Galas. Elle nécessita trois ans de travaux.
Hauteclaire : épée du chevalier Olivier.
L’épée aux étranges attaches : épée de Galaad dont le foureau, appelé «Mémoire de Sang», est fait du bois de l’arbre de vie. Placée dans la Nef de Salomon, elle est destinée au «Bon Chevalier», c’est-à-dire à Galaad, qui est le seul à pouvoir la tirer.
Santacrux : épée de Thibaut de Sauvigny
Tizona : épée du Cid qui l’avait prise au roi Baucar. Il fut enterré avec elle. Cette épée appartenait au chevalier Castillan Rodrigo Diaz de Vivar, connu sous le nom « El Cid Campeador » durant le XIe siècle, qui a participé avec le roi Alfonso VI à la conquête de Tolède et qui a aussi conquis le royaume de Valence aux arabes. Tizona est la légendaire épée qui sauve la vie au Cid et qui lui permet de gagner de nombreuses batailles. De 0.93 mètres de longueur, depuis la poignée jusqu’à la pointe et pesant un peu plus d’un kilo, la lame mesure 4,3 centimètres de large. Selon les dernières études il se peut qu’elle fût fabriquée vers la première moitié du XIe siècle. Tizona symbolise l’honneur militaire du héros. Colada était l’autre épée du Cid, qu’il gardait également comme un trésor
Ascalon : épée de Saint-Georges.
Azoth : L’épée magique abritant un esprit, appartenant à Paracelse, médecin alchimiste (1493 -15410).

Les épées du Seigneurs des Anneaux

Andúril : épée d’Aragorn, elle l’aide à relever le trône de ses ancêtres.
Dard : épée de Bilbon, remise à son neveu Frodon Sacquet. Elle est gravée de caractères elfiques et a la particularité de luire d’une couleur bleue lorsque des orques sont à proximité.
Glamdring (marteau à ennemi en langue sindarin) : épée du mage Gandalf. C’était l’épée de Turgon, le Roi de Gondolin. Durant le troisième âge, elle fut retrouvée par Olorin, dit Gandalf le Gris parmi le butin d’un groupe de trolls lors d’une aventure avec Bilbon Saquet. Elle lui servit ensuite pendant ses nombreuses quêtes en vue d’anéantir définitivement le pouvoir de Sauron. Comme la plupart des épées elfiques, elle devient bleue lorsque des orques approchent.
Narsil : épée d’Elendil , brisée dans le combat d’Elendil contre Sauron puis reforgée par neuf forgerons elfiques pour devenir Andúril (la flamme de l’Ouest).
Herugrim : épée du roi Théoden, Roi des cavaliers de Rohan. La garde de l’épée est composée de deux tête de cheval en opposition, contournant la lame. Le cheval est le symbole sacré de Rohan.