Le fleuret est une arme d'estoc seulement. L'action offensive de cette arme s'exerce donc par la pointe et par la pointe seule.
Il est formellement interdit, durant le combat (entre « Allez » et « Halte »), d’appuyer ou de trainer la pointe de l’arme sur la piste
conductrice. Il est également interdit, en tout temps, de poser l’arme sur la piste pour la redresser. Toute infraction sera sanctionnée selon les articles t.114, t.116, t.120.
SURFACE VALABLE
(t.47) Limitation de la surface valable
Ne sont comptées que les touches portées en surface dite valable.
La surface valable exclut les membres et la tête. Elle est limitée au tronc, en s'arrêtant,
vers le haut, au sommet du col, jusqu'à six centimètres au-dessus du sommet des clavicules; sur le côté, aux coutures des manches,
qui devront passer par la pointe de l'humérus; vers le bas, suivant une ligne qui passe horizontalement dans le dos, par les sommets
des hanches et qui rejoint de là, par une ligne droite, le point de jonction des plis des aines (Cf. schéma).
(t.48) Surface non valable
Une touche qui arrive en surface non valable (que ce soit directement ou par l'effet de la parade), n'est pas comptée comme touche valable,
mais arrête la phrase d'armes et annule donc toute touche subséquente (Cf. t.49).
(t.49) Extension de la surface valable
Cependant les coups arrivés sur une partie du corps dite non valable sont comptés valables lorsque, par une position anormale,
le tireur a substitué cette surface non valable à la surface valable.
L'arbitre peut questionner les assesseurs, mais il doit seul décider si la touche est valable ou non.
(t.50) JUGEMENT DE LA TOUCHE
Les épreuves sont jugées à l'aide d'un appareil électrique enregistreur de touches.
(t.51)MATERIALITE DE LA TOUCHE
Pour juger de la matérialité de la touche, seule l'indication de l'appareil enregistreur fait foi. L'arbitre ne peut déclarer un tireur touché,
sans que l'appareil ait régulièrement enregistré la touche (sauf pour les cas prévus par le Règlement, cf. t.49.1, et pour les touches de pénalisation).
(t.52)
Surface valable au fleuret A noter pour l'utilisation de l'appareil que :
Si une touche non valable a été portée, l'appareil n'enregistrera pas une éventuelle touche valable portée du même côté.
L'appareil n'indique pas s'il y a eu priorité chronométrique entre deux ou plusieurs des touches qu'il signale simultanément.
(t.53) ANNULATION DE LA TOUCHE
L'arbitre ne tiendra pas compte des signaux résultant de coups:
lancés avant le "Allez" ou après le "Halte" (Cf. t.18.1/3 ),
ou touchant des objets quels qu'il soient en dehors de l'adversaire ou son matériel (Cf. t.41 ).
Le tireur qui, volontairement , provoquera un signal en plaçant sa pointe sur le sol ou sur une surface quelconque en dehors de son adversaire,
recevra les sanctions prévues par les articles t.114, t.117, t.120 .
Il est interdit au tireur de mettre une partie non isolée de son arme en contact avec sa veste conductrice dans l'intention de provoquer le blocage
de l'appareil et éviter ainsi d'être touché . Si une telle faute est commise, l'arbitre infligera au tireur fautif les sanctions prévues par les articles t.114, t.116,
t.120. La touche éventuellement portée par le tireur fautif sera annulée.
(t.54)
L'arbitre aura par contre à tenir compte des défaillances possibles du matériel électrique, notamment :
Il doit annuler la touche qu'il vient d'accorder, à la suite de l'apparition d'un signal de touche en surface valable (lampe colorée), s'il constate,
par des essais effectués sous sa surveillance attentive, avant toute reprise effective du combat (commandement "Allez") et sans que rien n'ait été changé au matériel en présence (Cf. t.35.2.d)
- soit qu'un signal "valable" sur le tireur déclaré touché se produise sans qu'il y ait effectivement touche valable ;
- soit qu'une touche "non valable" donnée par le tireur déclaré touché n'ait pas été enregistrée par l'appareil;
- soit qu'une touche "valable" donnée par le tireur déclaré touché ne provoque aucun signal, ni "valable", ni "non valable" ;
- soit que les signaux provoqués par le tireur déclaré touché ne restent pas fixés sur l'appareil.
Par contre, lorsque l'arbitre aura accordé la priorité à la touche d'un tireur, il n'y aura pas lieu à annulation si on constate aux essais qu'une touche
valable portée par le tireur déclaré touché est enregistrée comme non valable ou que l'arme du tireur déclaré touché donne le signal non valable en permanence.
Si le matériel d'un tireur n'est pas conforme aux articles m.27 et m.28.3, l'annulation ne sera pas applicable dans le cas où un signal est provoqué par
une touche en surface non valable.
L'arbitre doit encore appliquer les règles suivantes :
seule la dernière touche précédant la constatation du défaut peut être annulée.
le tireur qui, sans y avoir été invité par l'arbitre, a procédé à des modifications ou échanges de son matériel, avant que l'arbitre ait
donné sa décision, perd tout droit à annulation (Cf. t.35.2.d);
s'il y a eu reprise effective du combat un tireur ne peut plus réclamer l'annulation d'une touche accordée contre lui avant
ladite reprise;
l'emplacement du défaut trouvé dans l'appareillage (y compris le matériel des tireurs euxmêmes), est sans conséquence pour cette annulation éventuelle;
il n'est pas nécessaire que la défaillance constatée se répète à chaque essai; mais il faut qu'elle ait été constatée sans aucun doute au moins une fois par l'arbitre
lui-même, au cours des essais faits par lui ou sous sa direction;
le fait que le tireur signalé comme touché se trouve avoir cassé sa lame motive l'annulation de la touche portée sur lui par
son adversaire, à moins que le bris de la lame survienne nettement après l'enregistrement de la touche.
l'arbitre doit être extrêmement attentif aux touches non signalées, ou signalées anormalement par l'appareil. En cas de répétition
de ces défectuosités, l'arbitre devra faire appel au membre de la Commission SEMI présent, ou à l'expert technique en fonction, afin de
vérifier si le matériel est conforme au Règlement.
l'arbitre devra veiller à ce que rien ne soit modifié ni dans l'équipement des tireurs, ni dans l'ensemble de l'appareillage
électrique avant le contrôle de l'expert.
Dans tous les cas où la vérification sera rendue impossible par suite d'un cas fortuit, la touche sera considérée douteuse et annulée.
Si des signaux sont indiqués simultanément des deux côtés sur l'appareil et que l'arbitre ne peut établir avec certitude la priorité,
il doit remettre les tireurs en garde .
En application de la règle générale (Cf. t.18.5), même si aucun signal n'est enregistré, l'arbitre doit arrêter le combat dès que ce
dernier devient confus et qu'il ne lui est plus possible d'analyser la phrase d'armes.
L'arbitre doit également surveiller l'état de la piste conductrice; il n'admettra pas que le match se tire ou se continue si le
tapis porte des trous susceptibles de troubler l'enregistrement. (Les organisateurs devront prendre les mesures nécessaires pour permettre
la réparation ou le remplacement rapide des pistes).
VALIDITE OU PRIORITE DE LA TOUCHE
(t.55) Note préalable
L'arbitre seul doit décider au sujet de la validité ou de la priorité de la touche, en appliquant les principes qui suivent et
qui sont les conventions propres au fleuret.
(t.56) Respect de la phrase d'armes
Toute attaque, c'est-à-dire toute action offensive initiale, correctement exécutée, doit être parée ou complètement esquivée
et la phrase doit être suivie c'est-à-dire coordonnée (Cf. t.7.1).
Pour juger de la correction d'une attaque, il faut considérer que :
L'attaque simple, directe ou indirecte (Cf. t.8.1) est correctement exécutée quand l'allongement du bras,
la pointe menaçant la surface valable, précède le déclenchement de la fente ou de la flèche.
L'attaque composée (Cf. t.8.1) est correctement exécutée quand le bras s'allongeant dans la présentation de
la première feinte, la pointe menace la surface valable sans raccourcir le bras pendant l'exécution des mouvements
successifs de l'attaque et le déclenchement de la fente ou de la flèche.
L'attaque par marcher-fente ou marcher-flèche est correctement exécutée quand l'allongement du bras précède
la fin de la marche et le déclenchement de la fente ou de la flèche.
L'action, simple ou composée, la marche ou les feintes exécutées avec le bras raccourci, ne sont pas comptées
comme une attaque mais comme une préparation, exposant au déclenchement de l'action offensive ou défensive -offensive
(Cf. t.8.1/3) adverse.
Pour juger de la priorité d'une attaque dans l'analyse de la phrase d'armes, il faut observer que:
Si l'attaque part quand l'adversaire n'est pas en position "pointe en ligne" (Cf. t.10), elle peut être portée
ou par un coup droit, ou par un dégagement, ou par un coupé, ou bien être précédée d'un battement ou de feintes efficaces
obligeant l'adversaire à la parade.
Si l'attaque part lorsque l'adversaire est en position "pointe en ligne" (Cf. t.10), l'attaquant doit au préalable,
écarter l'arme adverse. Les arbitres doivent être attentifs à ce qu'un simple frôlement ne soit pas considéré comme suffisant
pour écarter le fer adverse (Cf. t.60.5.a).
Si, en cherchant le fer adverse pour l'écarter, l'attaquant ne trouve pas le fer (dérobement), la priorité passe à l'adversaire.
La passe -avant est une préparation et sur cette préparation toute attaque simple a la priorité.
(t.57)
La parade donne droit à la riposte: la riposte simple peut être directe ou indirecte, mais pour annuler toute action subséquente de l’attaquant,
elle doit être exécutée immédiatement, sans indécision ou temps d'arrêt.
(t.58)
Dans une attaque composée, si l'adversaire trouve le fer dans une des feintes, il a droit à la riposte.
(t.59)
Dans les attaques composées, l'adversaire a le droit d'arrêter mais, pour être valable, l'arrêt doit précéder la finale de l'attaque d'un temps d'escrime,
c'est-à-dire que l'arrêt doit toucher avant que l'attaquant ait commencé le dernier mouvement de la finale de l'attaque.
(t.60) Jugement
En application de ces conventions fondamentales du fleuret, l'arbitre doit juger comme suit :
Lorsque, dans une phrase d'armes, les tireurs sont tous deux touchés simultanément on a, soit l'action simultanée, soit le coup double.
L’action simultanée est due à la conception et à l'action simultanée d'attaque des deux tireurs ; dans ce cas, les coups donnés sont annulés pour les deux tireurs
même si l'un d'eux a touché une surface non valable.
Le coup double, au contraire, est la conséquence d'une action fautive d'un des tireurs. En conséquence, s'il n'y a pas un temps
d'escrime entre les deux coups :
L'attaqué seul est touché :
s'il fait un coup d'arrêt sur une attaque simple;
si, au lieu de parer, il tâche d'esquiver, mais sans y réussir;
si, après une parade réussie, il a un moment d'arrêt qui donne à l'adversaire le droit de reprendre son attaque (redoublement, remise ou reprise d'attaque);
si, sur une attaque composée, il fait un arrêt sans avoir l'avantage d'un temps d'escrime;
si, étant en position "pointe en ligne" (Cf. t.10), après un battement ou une prise de fer qui écarte son arme, il tire ou remet son fer en position
pointe en ligne" au lieu de parer un coup directement porté par l’attaquant.
L’attaquant seul est touché :
si, lorsque l'adversaire est en position "pointe en ligne" (Cf. t.10), l'attaque part sans écarter le fer adverse. Les arbitres
doivent être attentifs à ce qu'un simple frôlement ne soit pas considéré comme suffisant pour écarter le fer adverse.
s'il cherche le fer, ne le trouve pas (parce qu'il est dérobé) et continue l'attaque;
si, dans une attaque composée, au cours de laquelle l'adversaire a trouvé le fer, il continue l'attaque pendant que l'adversaire
riposte immédiatement;
si, dans une attaque composée, il a un moment d'hésitation, pendant lequel l'adversaire porte un coup d'arrêt et qu'il continue
son attaque;
si, dans une attaque composée, il est arrêté avec un temps d'escrime avant sa finale ;
s'il touche par remise, redoublement ou reprise d'attaque, sur une parade de l'adversaire, suivie d'une riposte immédiate,
simple, exécutée en un seul temps et sans retrait de bras.
Les tireurs sont remis en garde, chaque fois que l'arbitre, dans un coup double, ne peut pas nettement juger de quel côté est la faute.
Un des cas les plus difficiles à juger se présente lorsqu'il y a un coup d'arrêt qui permet de douter s'il y a un avantage suffisant sur la finale d'une attaque composée.
En général, dans ce cas, le coup double est la conséquence d'une faute simultanée des deux tireurs, qui justifie la remise en garde : faute de l’attaquant, par suite d'indécision,
de lenteur ou de feintes insuffisamment efficaces, faute de l'attaqué à cause du retard ou lenteur dans le coup d'arrêt.